COTE COULISSES : SLADE MC FARLAND, UN NEO-ZELANDAIS LYONNAIS

Par Amélie Buchon le 15 novembre 2006
Entre deux test matchs entre la France et les All Blacks, on ne pouvait passer à côté de notre All Black du LOU, le talonneur Slade Mc Farland. Portrait d'un néo-zélandais lyonnais !
COTE COULISSES : SLADE MC FARLAND, UN NEO-ZELANDAIS LYONNAIS

Arrivé tout droit d'Auckland en Nouvelle Zélande, Slade Mc Farland a évolué avec le mythique maillot noir à la fougère blanche. Sélectionné à deux reprises avec les All Black en 2000, il a joué avec les grands noms de l'hémisphère sud : les Cruisaders, les Chiefs, les New Zealand Maory, etc.

Aujourd'hui au LOU Rugby, Christian Lanta n'hésite pas à se reposer sur sa force, sa solidité et son caractère de battant.

Au delà du rugbyman, c'est aussi un père de famille qui vit loin de ses racines pour que sa fille, 4 ans, et son fils, 18 mois, puissent visiter l'Europe, découvrir une nouvelle culture et surtout apprendre le français avant de retourner vivre à Auckland où leur maison les attend.

Dans cette interview, Slade revient sur sa carrière de rugbyman, nous parle des All Black et du rugby façon Nouvelle Zélande. Puis il finit par nous évoquer sa vie de famille, son pays, ses racines…

Pour commencer, j'aimerais que tu nous fasse une petite analyse d'après match, de la rencontre France - All Black !

Ah! Là je crois que la France ne savait plus quoi faire. Elle n'arrivait pas à concrétiser ses actions, je ne vais pas dire qu'ils ont été ridicule mais bon… ce n'était pas loin. Franchement, où étaient les français? Ça ne leur ressemble pas, ils n'ont pas joué du match ! Moi personnellement je n'appelle pas ça un test-match.

Après deux belles victoires contre les anglais et contre la France, pense-tu que les All Black dominent vraiment le monde du rugby?

Je pense qu'ils ont des objectifs bien précis et qu'ils comptent bien les atteindre. Et puis sur le terrain ils sont très vifs, ils analysent extrêmement vite l'équipe adverse. En plus, ils sont capables de s'adapter à tous les styles de jeu et ça c'est une vraie force pour eux.

Qu'as-tu pensé de la prestation de ton homologue, le talonneur Anton Oliver?

Tu te rends compte que samedi il jouait son 50ème match! C'est un joueur qui a beaucoup de bouteille, il est vraiment très doué et je suis content de le voir encore sur les terrains. J'ai beaucoup d'admiration et de respect pour cet homme.

Toi qui connais le jeu néo-zélandais, quelles sont les différences avec le jeu européen?

Ce sont deux jeux vraiment très différents. Les néo-zélandais ont une approche beaucoup plus large du rugby. C'est le sport de prédilection là-bas. Les enfants commencent à jouer à cinq ans et à douze ils connaissent déjà tout de ce sport. Le rugby n'a plus de secret pour les néo-zélandais ce qui leur permet de s'éclater sur le terrain et de donner un véritable spectacle au public, je pense qu'on peut presque comparer ça aux américains avec le basket en NBA. Et puis je dois ajouter qu'il y a aussi la force physique qui fait vraiment la différence. On est plus costaud que vous ! (rires). Les gars de chez nous à 18 ans mesurent déjà 1m95, pèsent 125 kg et en plus ils courent vite ! Ils sont bâtis comme des maisons et ils vont au contact, ils aiment le contact…. Ce qui est un peu moins le cas en Europe je trouve.

Parlons un peu de ta carrière de rugbyman maintenant. Raconte nous tes années en Nouvelle Zélande…

J'ai joué treize ans en Nouvelle Zélande dans le même club. De 1993 à 2004 j'ai évolué avec l'équipe de Norh Harbour. Mais en parallèle j'ai joué dans différentes équipes du Super 12 : les Chiefs, les Crusaders, les Blues d'Auckland, les New Zealand As et les New Zealand Maory. Ensuite le Stade Toulousain m'a contacté et j'ai saisi l'opportunité de venir jouer en Europe.

Alors justement, pourquoi ce choix?

Le Stade Toulousain m'a appelé comme joker médical de William Servat. Moi je crois qu'à ce moment là j'avais fait le tour de la Nouvelle Zélande. J'étais dans une période où j'avais besoin de changement; c'était l'opportunité rêvée.

Et ensuite, le LOU. Tu n'avais pas envie de repartir ?

Après le Stade Toulousain j'avais le choix de repartir ou de continuer en France. J'ai personnellement envie de terminer ma carrière ici, pour profiter un maximum de l'Europe, d'apprendre le français, de visiter ce coin du monde que je ne connaissais que très peu. Alors ça a été le travail de mon agent de me trouver un club ici. Et puis il y a eu l'opportunité du LOU alors j'ai sauté dessus.

A ton arrivée à Lyon tu ne connaissais personne, tu ne parlais encore pas beaucoup français; comment s'est passée ton intégration?

Effectivement je ne connaissais aucun joueur alors les débuts ont été rudes, ce qui est normal. Mais le déclic s'est vraiment fait le jour où on est parti à Crest Volland. Christian Lanta nous a organisé deux stages de préparation physique là bas. C'était vraiment dur pour nous tous, il nous a épuisé mais l'avantage c'est que ça m'a permis de rencontrer quelques joueurs avec qui j'ai sympathisé. Tu sais, les gens se soudent plus facilement dans la douleur.

Maintenant que tu connais bien l'équipe, les joueurs, votre mode de fonctionnement; peux tu me faire une analyse de ce début de saison ?

Je pense qu'il y a de très bons joueurs dans l'équipe. Maintenant, l'objectif c'est d'assembler les pièces du puzzle entre elles et faire exploser l'équipe. On a vraiment un fort potentiel mais on ne l'exploite pas encore suffisamment; on a une marge de progression énorme alors il va vite falloir la combler. Mais j'ai vraiment confiance. L'objectif annoncé est la montée en TOP 14 et crois moi ce n'est pas un objectif impossible à atteindre. Après c'est à nous de travailler.

Et si on arrêtait un peu de parler rugby. Parle nous un peu de ton pays. C'est comment la Nouvelle Zélande?

C'est un pays très vert : il peut y avoir quatre saisons en un jour ! En tout cas c'est très beau et le style de vie est très agréable. Je pense que c'est l'endroit rêvé pour passer sa retraite ! et c'est d'ailleurs ce que je vais faire! (rires) Mais c'est certain que ça reste quand même très isolé; on est à 35h de vol de l'Europe, plusieurs heures de l'Australie… c'est vraiment perdu. Beaucoup de gens font comme moi et sautent sur l'opportunité de partir habiter ailleurs pour revenir plus tard. Je suis heureux d'habiter en France mais c'est vrai que des matchs comme celui de samedi dernier où on retrouve beaucoup de néo-zélandais ça nous redonne le mal du pays... J'ai encore toute ma famille là bas; mes frères et sœurs, mes parents et comme avec ma femme et mes enfants on ne peut pas rentrer souvent la famille nous manque un peu.

Justement, il me semble que ta femme et tes enfants sont arrivés il y a quelques semaines à Lyon ; comment se passe leur arrivée en France?

Personnellement ça me fait très plaisir qu'ils soient arrivés. J'apprécie de vivre avec eux. A Toulouse, j'étais tout seul et ils m'ont beaucoup manqué. C'est une super expérience pour eux aussi; ils vont pouvoir apprendre des langues et on va pouvoir voyager et visiter l'Europe. On a hâte de visiter l'Italie et l'Espagne ! C'est vraiment un privilège d'être là. Et puis nous trouvons les lyonnais très chaleureux, très accueillant donc forcément ça nous aide beaucoup pour nous intégrer.

C'est une véritable démonstration de rugby que les néo-zélandais ont infligé à la France samedi soir dernier au Stade de Gerland. Ces hommes venus d'ailleurs se sont montrés vraiment plus agiles, plus rapides, plus féroces dans le combat… Slade s'est donc prêté au jeu et à répondu du tac o tac à notre interview "PLUS" !

Le plus gros pack d'avant en Pro D2 : Lyon

L'équipe qui t'a le plus impressionné : Aucune, il n'y en a pas une qui me fait peur!

Le joueur du LOU le plus costaud : Lionel Mallier

Ta plus belle victoire : une victoire contre la France en 1995 au Stade Eden Park à Oakland

L'équipe la plus impressionnante avec laquelle tu as évolué : les Canterbury Crusaders

Le plus gros plaquage que tu ais jamais mis : je ne me rappelle pas d'un plaquage en particulier, ils sont tous fatals ! (rires) Je plaisante évidemment.

La plus belle ville au monde : ah je ne sais pas laquelle choisir… j'hésite entre Le Cap (Afrique du Sud) et Paris !

Le plus beau maillot que tu aies jamais porté : "Always has to be black !", celui des All Black évidemment.

Ta plus grande défaite subie : là tout de suite, je pense à la défaite de Auch il y a quinze jours.

Le plus gros tampon que tu as subit : définitivement celui de Mickael Jones… ou peut-être celui d'Olivier Merle !

La plus belle région de Nouvelle Zélande : South Holland

Le Stade qui t'a le plus impressionné : King's Park à Durban en Afrique du Sud.

Les 3 plus grands joueurs de l'histoire : Mickael Jones, Aaron Mauger et Zinzan Brooke !