TETE A TETE AVEC PAKI

Par Amélie Buchon le 1 février 2008

Emblématique pilier wallisien du LOU, Paki est également vice-président de l'association LOMIPEAU qui aide les jeunes du Pacifique français à intégrer les centres de formation des clubs de TOP 14 et PRO D2.

TETE A TETE AVEC PAKI

En 2005, Laurent Pakihivatau et son cousin Abraham Tolofua (ancien pilier bitterois) décident de fonder l'association LOMIPEAU. L'objectif : former les jeunes du Pacifique francophone qui vivent actuellement en métropole pour qu'ils intègrent le rugby de haut niveau.

"Beaucoup de jeunes de Wallis et Futuna et de Nouvelle Calédonie viennent en France après leur bac pour faire leurs études. En arrivant ici, ils se consacrent très vite au rugby du fait de leurs physiques mais sans jamais réussir à intégrer les équipes de haut niveau. Alors ils signent dans des petits clubs de Fédérale 3 où progressivement ils privilégient la 3ème mi-temps à la pratique du rugby. Loin de leurs familles, ils perdent leurs repères. Au final ces jeunes se retrouvent sans emploi, sans revenus fixes et une partie d'entre eux font le choix de retourner dans les îles où la vie est moins chère. Mais sans diplôme, sans expérience professionnelle, même là bas, la vie est difficile. Ce constat affligeant nous a fait réagir. Aujourd'hui l'association a pour mission d'encadrer ces jeunes, de les guider dans leurs choix, dans leurs études et de les motiver pour intégrer des clubs professionnels afin qu'ils fassent du rugby leur métier" nous explique Paki.

Au delà de l'encadrement que l'association apporte à ces jeunes du pacifique, l'objectif à terme est de voir plus de Calédoniens et de Wallisiens dans les équipes françaises. "Aujourd'hui les néo-zélandais sont à la mode en France. Mais pourquoi aller chercher des gars à l'autre bout du monde, les payer des fortunes, alors que nous avons les mêmes en France? On réalise trop peu, que nous, qui venons des îles du Pacifique francophones, nous avons le même type de physique que les néo-zélandais! En plus on parle français, il y a donc la barrière de la langue en moins, ce qui facilite considérablement l'intégration! Vous l'aurez compris, notre second objectif est de promouvoir le potentiel du rugby des îles en France. Les français sont impressionnés par le Haka des Blacks, mais ils ne réalisent pas que les bleus pourraient aussi avoir le leur ! Les calédoniens et wallisiens ont, eux aussi, leurs hakas… et ils sont français!"

Aujourd'hui l'association encadre environ 200 jeunes entre 19 et 25 ans. Elle les forme, les conseille et les aide à intégrer des centres de formation en France à l'image d'Aliki Fakate, qui a intégré la saison dernière le centre de formation du LOU. "Lomipeau commence à bien fonctionner. Certains clubs de TOP 14 nous contacte. Petit à petit les dirigeants se rendent compte que le Pacifique francophone est un puit de bons joueurs! On espère qu'un jour on aura la chance d'avoir un joueur qui portera le maillot bleu… qui sait?"

Laurent Pakihivatau souhaite, d'ici 3 ou 4 ans ouvrir un centre de formation à Wallis ou en Nouvelle Calédonie ; "pour moi, c'est aussi un beau projet de reconversion !"