EN TETE A TETE AVEC MATHIEU CADIC

Par Amélie Buchon le 13 mars 2008
A l’image de ses 2m02, Mathieu Cadic est un rugbyman hors norme… Deuxième ligne professionnel et père de famille, Mathieu est également architecte de profession. Il nous raconte comment il parvient à jongler entre toutes ces fonctions !
EN TETE A TETE AVEC MATHIEU CADIC
Jean-Louis Chauveau

Tu fais partie des rugbymen qui ont fait de longues études. Peux tu nous en dire plus sur ton parcours ?

A l’âge de quinze ans j’avais un rêve, j’avais même deux rêves : devenir rugbyman professionnel ET architecte. Alors plutôt que de choisir, j’ai décidé de faire les deux ! A l’époque du lycée j’étais au Centre de Formation de Grenoble. Le bac en poche, j’ai voulu partir de chez moi et le club de Bordeaux a accepté de me prendre en équipe espoir tout en me permettant de faire un premier cycle d’architecture. J’ai commencé à faire quelques apparitions avec les pros mais il y a eu un changement de direction et la nouvelle politique du club a favorisé les joueurs professionnels, à savoir ceux qui ne faisaient pas d’études ou qui n’avaient pas de métier parallèle. Je suis donc parti à Dax où ils m’ont fait confiance ; j’allais en cours les trois premiers jours de la semaine et après je faisais des entraînements personnalisés en plus des entraînements collectifs. Le résultat a été plutôt bon puisque j’ai obtenu mon 2ème cycle d’archi tout en étant devenu rugbyman professionnel ! Puis Dax est descendu et je suis venu au LOU. A Lyon j’ai trouvé un travail à mi-temps dans un cabinet d’architectes.

Pour toi l’univers du travail et celui du rugby te paraissent complètement opposés, ou peut être pas tant que ça finalement ?

Evidemment ce ne sont pas les mêmes fonctionnements mais il y a pas mal de similitudes, ne serait-ce que dans le travail d’équipe. Au delà de ça, les gens avec qui je travaillais ont commencé à s’intéresser au rugby et je suis parvenu à faire coïncider les deux ! En effet, le LOU ce n’est pas uniquement du sportif mais toute une sphère d’entreprises qui gravite autour. CRB Architectes, l’agence pour laquelle je travaillais, s’est rendue compte de l’intérêt que le club pouvait avoir pour elle et donc ils sont devenus partenaires. Aujourd’hui ils le sont toujours et depuis, de nombreuses affaires sont nées des liens qu’ils ont pu tisser avec d’autres partenaires du club. Au final, j’étais entre le club et l’entreprise, ce qui n’était pas inintéressant

Mais depuis l’année dernière, il me semble que tu ne travailles plus…

En effet, avec le temps le LOU a revu ses objectifs à la hausse… les entraînements se sont multipliés, Christian Lanta est arrivé et j’ai compris que si je voulais continuer à jouer il fallait que je me consacre uniquement au rugby ! J’ai donc fait le choix d’arrêter de travailler à côté.

Ce choix n’a pas été trop dur ?

Forcément on y réfléchit beaucoup mais il y a un moment où il faut savoir dire stop. J’ai une petite fille de 2 ans et arriver à tenir les 3 casquettes de rugbyman, architecte et père de famille, ce n’est pas toujours évident. Tout ça demande une énergie débordante et une organisation sans faille ! Alors après une longue réflexion j’ai privilégié le rugby.

Pourquoi le rugby, plutôt que l’architecture alors ?

Lorsqu’on a la chance d’avoir connu la vie dans les bureaux et la vie sur les terrains, on réalise vraiment la chance et les privilèges qu’on a en tant que joueur ! Le rugby c’est l’insouciance, la vie de groupe, des moments forts… le boulot c’est différent. Alors j’ai voulu en profiter jusqu’au bout. Je pense que j’aurais eu tord à mon âge de me priver de cette fin de carrière de rugbyman. J’ai tout le temps de revenir dans le monde du travail ! Et puis maintenant que j’ai fait ce choix là je respire un peu. Même si je ne l’admettais pas à l’époque, aujourd’hui je réalise que ce n’était pas tous les jours évident de jongler entre les terrains, les plans d’archi et ma famille. Demandez à ma femme ! (rires)

De toute évidence tu comptes te recycler dans l’architecture ?

Oui forcément ! J’ai la chance d’avoir une reconversion toute trouvée, alors je ne vais pas m’en priver et puis j’ai gardé pas mal de contact dans mon ancienne agence, chez CRB Architectes, alors on verra où tout cela me mène…