La préparation physique au LOU Rugby: entretien

Le 13 septembre 2017
Après trois matchs de championnat et une 6ème place au classement, le nombre de blessés reste faible au sein de l'effectif du LOU Rugby. La préparation physique est un moyen déterminant pour atteindre ces résultats. Découvrez notre entretien avec Benjamin Del Moral, responsable d​es préparateurs physiques du groupe professionnel.
La préparation physique au LOU Rugby: entretien
LOU Rugby
On a senti le groupe prêt physiquement pour aborder tambour battant le championnat. Peux-tu nous raconter les grandes étapes qu’on parcouru sur ce sujet les joueurs cet été ?
Nous avons repris les entraînements le 13 juin dans notre nouveau centre d’entraînement au Matmut Stadium Gerland avec un espace de 675 m2 dédié à la préparation physique. Nous avons pu bénéficier de 9 semaines de préparation. Nous avons commencé par 4 semaines de préparation intensive durant lesquelles nous avons intégré les nouveaux joueurs et essayé de trouver l’équilibre entre préparation individuelle (pour répondre aux besoins des joueurs) et collective (pour trouver des repères et automatismes communs), avant d’octroyer une semaine de vacances. Nous sommes ensuite partis en stage à Tignes, avant de revenir sur Lyon parfaire notre préparation. Nous avons joué 4 matchs amicaux avec la volonté de bien calibrer les temps de jeu de chaque joueur pour monter en puissance et avoir le rythme de la compétition avant le début du championnat.
 
Y a-t-il eu des innovations sur la préparation physique des joueurs cette année ?
La préparation physique au club, est en évolution permanente. Elle est un défi constant pour les 3 préparateurs physiques du club. Notre volonté est de progresser chaque année en apportant des évolutions fondées sur notre expérience commune. Nous échangeons énormément avec les coachs et Pierre Mignoni pour proposer une préparation physique qui colle aux exigences du TOP 14 et surtout au projet de jeu de l’équipe. Car du jeu que l’on veut pratiquer découle une préparation physique spécifique. C’est pourquoi, dès la première semaine nous avons intégré du rugby. Cette année nos séances physiques ont été couplées systématiquement avec des tâches techniques et multiformes rugby sous pression ce qui nous a permis de gagner du temps, de travailler sur notre capacité à répéter des efforts intenses, spécifiques sous fatigue afin de se rapprocher des conditions réelles de match.
 
 
Comment est organisé le staff des préparateurs physiques au club ?
Nous sommes 3 préparateurs physiques à temps plein. Chaque préparateur physique a des missions spécifiques bien établies.
Sylvain Vauraz est en charge de la réathlétisation (suivi des joueurs blessés) et assure le lien entre la réeducation et la reprise rugby. Son rôle est très important. Il entraîne physiquement et soutient psychologiquement les joueurs blessés. Il remonte les informations aux coachs pour que les joueurs reprennent le rugby dans les meilleures conditions et évitent les risques de récidives.
Brice Puthod, quant à lui, gère le suivi de la performance et des charges d’entraînement. En effet, aujourd’hui nous sommes soumis à une masse d’informations ; il faut donc redoubler de prudence dans l’évaluation que nous en faisons. C’est là que les compétences de Brice nous aident !
Sa mission principale est de contrôler, de mesurer et de quantifier avec le maximum de précision les charges d’entraînements que nous prévoyons et réalisons afin d’arriver avec le maximum de fraicheur le jour du match mais aussi de prévenir les risques de fatigue, de surentraînement ou de blessure. Il gère les GPS aux entraînements/matchs et assure le suivi sur la plateforme Exaduo, des outils qui nous donnent des informations précieuses pour évaluer la charge interne et externe des joueurs et quantifier nos entraînements en fixant des objectifs de métrage en fonction des zones de vitesse. 
Tous les deux, je les échangerai pour rien au monde ! Ils m’accompagnent aussi dans la planification des contenus et dans l’animation des séances de musculation, des conditioning ou de vitesse.
Cette année la cellule préparation physique s’est renforcée ; Romain Loursac nous a rejoint pour nous accompagner dans le suivi des joueurs, notamment sur la prévention des blessures et la gestion avec le médical du club mais également dans la mise à jour de notre plateforme de suivi. Enfin Kévin Sanchez, préparateur physique à l’association intervient une fois par semaine avec les joueurs sur les séances d’haltérophilie où l‘on enregistre déjà des progrès.
 
Quels sont les enjeux à venir ?
Notre priorité est la performance de l’équipe. Pour cela, il est primordial de veiller à l’état de forme des joueurs, de l’effectif. C’est pourquoi nous sommes en alerte permanente pour adapter la charge d’entraînement en fonction de critères intrinsèques (âge, antécédents traumatiques…) et extrinsèques (temps de jeu, niveau de condition physique…). Le but est que l’équipe soit compétitive chaque semaine, nous devons donc trouver le bon équilibre entre phase de récupération, de préparation et d’affûtage. Pierre Mignoni est à notre écoute, il échange quotidiennement avec nous à ce sujet.
Notre second objectif (à moyen et long terme) concerne nos jeunes joueurs car on ne peut pas entraîner Baptiste Couilloud comme on gère Fred Michalak. Baptiste doit encore se développer physiquement et répondre aux standards physiques fixés par le club alors que pour Fred il s’agit de maintenir son niveau et entretenir ses acquis. Donc il faut absolument que nos jeunes travaillent avec des objectifs précis et individuels pour continuer à se développer même pendant la saison.
 
 
Comment sens-tu l’équipe avant d’affronter Bordeaux ?
Il est clair que nous n’avons pas fait un bon match à Pau, l’avantage dans notre sport c’est que dès le week-end suivant nous avons l’occasion de nous racheter, d’avoir une réaction d’orgueil et de montrer un autre visage à nos familles, notre public et nos partenaires face à cette belle équipe de Bordeaux dans notre magnifique Matmut Stadium Gerland.