Karim Ghezal : "Pierre Mignoni me fait confiance"

Le 15 janvier 2018
ENTRETIEN. ​Karim Ghezal nous parle de son rôle dans le staff du LOU après la nomination de Seb Bruno en Equipe de France.
Karim Ghezal : "Pierre Mignoni me fait confiance"
Marc Galaor/LOU Rugby
Arrivé au sein du staff lyonnais l’année dernière en tant que consultant spécialiste de la « touche », après quinze ans de carrière au plus haut niveau, Karim Ghezal a été promu entraîneur des avants en octobre dernier à la suite de sa prolongation de contrat (3 ans). Interview. 

Karim, tu es depuis plusieurs mois co-entraîneur des avants du LOU, peux-tu nous expliquer comment vous êtes structurés sur la partie « entraînement » ?
KG : Pierre Mignoni est le Manager Sportif et nous sommes trois entraineurs adjoints : Sébastien Bruno et moi sommes en charge des avants ; et Kendrick Lynn est en charge des trois-quarts. Mais nous travaillons au quotidien en étroite collaboration, ainsi qu’avec les autres membres du staff : préparateurs physiques, analystes vidéo, kinés, médecins, etc.

En quoi consistent finalement les missions d’un entraîneur des avants ?
KG : Il y a beaucoup de choses ! En vrac, le travail spécifique sur la mêlée, la touche, mais aussi les lancements de jeu, la défense, les attitudes au contact, la technique de déblayage, la relance, etc. D’où l’importance de travailler en harmonie avec l’ensemble du staff. Même si je m’occupe principalement des avants, nous ne sommes pas cantonnés à ça et animons des ateliers communs.

L’année dernière, tu étais en charge de la touche, en tant que « consultant ». Même si tes fonctions sont élargies cette saison, tu n’as pas abandonné ce secteur ?
KG : Non ! Je reste en charge de la touche, qui est mon domaine d’expertise premier et que je vais encore faire évoluer. Tout comme Sébastien Bruno s’occupe spécifiquement de la mêlée. Nous travaillons ensemble sur tous les autres secteurs depuis deux ans et ça se passe super bien !
 

« Chacun assurera ses missions comme nous le faisons aujourd’hui »

 

C’est désormais officiel, Sébastien Bruno rejoindra le XV de France pendant toute la durée du Tournoi des 6 Nations. Comment allez-vous vous organiser en interne ?
KG : Rien ne va changer finalement. Chacun assurera ses missions comme nous le faisons aujourd’hui. J’aurais forcément un regard plus « large » sur l’entraînement des avants mais son absence sera compensée en interne, par moi comme par l’ensemble du staff. Il y a juste sur la partie mêlée, un secteur qui est propre à « Seb », où il y aura une évolution avec le renfort de David Attoub, qui nous apportera son expertise en tant qu’ancien pilier.

Tu as finis ta carrière de joueur au LOU, puis tu as intégré le staff pour t’occuper spécifiquement de la touche avant de devenir cette saison entraîneur des avants : peux-tu nous décrire cette évolution ?
KG : C’est vrai que depuis deux ans, tout s’est bien goupillé. Mais j’ai aussi voulu faire les choses dans l’ordre. Il me reste maintenant trois sessions d’ici le mois de juin pour valider mes diplômes d’entraîneur. C’est une belle opportunité que j’ai saisie et je bosse comme un fou pour que ça réussisse.
 

« Tous les joueurs n’ont pas forcément la chance de choisir leur sortie" 

  

Comment s’est passée cette transition rapide de joueur à entraîneur ?
KG : J’avais encore une saison de contrat en tant que joueur. Mais Pierre Mignoni m’a fait la proposition d’intégrer directement le staff. J’ai pris du recul. Cela faisait 15 ans que je jouais. Est-ce que j’aurais eu la capacité d’enchainer une année de plus en TOP 14 ? C’était finalement le bon moment pour arrêter. Cela m’a permis de finir heureux, sur un titre de champion (PRO D2) et en bonne santé ! Tous les joueurs n’ont pas forcément la chance de choisir leur sortie. 

Pas de regret aujourd’hui ?
KG : Non. J’ai 36 ans, j’entraîne dans un club de TOP 14 qui a de l’ambition. Je voulais savoir si c’était fait pour moi et c’est le cas ! Je suis à fond ! Et puis, pour ma première saison, le club a décroché le maintien. C’est top pour un début et dans ma progression d’entraîneur. Pierre Mignoni me fait confiance, ça donne envie d’en faire encore plus. Si on a tous prolongés au sein du staff, c’est aussi pour ça. Faire grandir et progresser l’équipe, au même rythme que l’ensemble du club : infrastructures, administratifs, centre de formation... Tout le monde bosse ensemble.
 

« Franchir un nouveau cap »

A mi-parcours, le LOU se classe 7ème de TOP 14 avec 37 points. Quel bilan fais-tu de la phase aller ?
KG : Il faut analyser cette phase aller avec un peu recul. Nous avons repris très tôt, le 12 juin, nous étions même les premiers à reprendre, avec la volonté de démarrer fort le championnat. Ce fut le cas. Puis nous avons connu une baisse de régime. Il y a des cycles dans une saison et cela concerne toutes les équipes. Des dynamiques de victoires, puis quelques passages à vide […] J’entends dire que notre début de saison réussi est lié du fait d’un calendrier favorable… Je ne suis pas d’accord avec ça. Nous avons battu Castres, qui a eu récemment une série de huit victoires consécutives ; Bordeaux, qui vient de nous battre et qui est encore en course ; nous sommes allés gagner au Racing et avons pris cinq points à Agen, une équipe qui vient de dominer Toulon et Castres.

Et comment vois-tu la suite de la saison ?
KG : Il reste onze matchs, c’est long. Le classement est très serré dans le haut comme dans le bas du classement. Il ne faut pas oublier qu’il y a huit mois, le club se maintenait pour la première fois de son histoire. Aujourd’hui, nous sommes dans la course à la qualification. Mais ce sont les équipes qui auront le plus de fraicheur, le plus de mental et la meilleure préparation qui arriveront à passer. A nous de batailler chaque week-end pour y parvenir et franchir un nouveau cap.