COTE COULLISSES

Par Amélie Buchon le 31 janvier 2007
Fabio Da Silva : un loup dans la bergerie bleue !
COTE COULLISSES
Philippe Gandelin

Le jeune espoir du LOU Fabio Da Silva a été sélectionné pour la première fois en Equipe de France – 21 ans pour aller affronter l'Italie ce dimanche 4 février de l'autre côté des Alpes, dans la ville de Barabiagio. Actuellement en stage à Marcoussis pour une semaine, le demi de mêlée franco-portugais et ses co-équipiers préparent leur premier match du tournoi des VI Nations. A 21 ans tout juste (il a soufflé sa 21e bougie le 9 janvier dernier), Fabio réalise tout juste la chance qu'il a de pouvoir porter les couleurs françaises et profite au maximum de cette expérience rêvée…

Etre sélectionné en Equipe de France ça n'arrive pas tous les jours ! Comment as-tu vécu la nouvelle?

J'ai appris la nouvelle mardi dernier. Christian Lanta et Stéphane Véré (responsable du centre de formation ndlr) me l'ont annoncé. Sur le coup j'ai vraiment été surpris, je ne m'y attendais pas du tout, d'autant plus que c'est ma toute première. Aujourd'hui je réalise la chance que j'ai et je suis vraiment heureux. J'imagine qu'il y en a plus d'un qui aimerait être à ma place donc je savoure un maximum cette expérience.

Quand on est sélectionné, comment ça se passe?

On est convoqué une semaine en stage à Marcoussis avec toute l'équipe pour préparer le match du week-end. On a donc commencé lundi matin. Toute la journée on était en récupération et maintenant on s'y met à fond : deux entraînements par jour, musculation, vidéo… L'objectif est d'apprendre à se connaître rapidement et de s'adapter au jeu qu'on nous propose. Ce n'est pas évident, on n'a pas beaucoup de temps, mais quand la motivation est là, tout est possible.

Quand tu dis qu'il faut s'adapter au jeu qu'on vous propose, ça signifie vraiment que c'est un rugby différent de celui que tu as l'habitude de pratiquer ?

Oui c'est un type de jeu différent. Christian Lanta met beaucoup l'accent sur la libération des ballons alors qu'ici le mot d'ordre c'est d'avancer en prenant des initiatives, c'est pas tout à fait pareil. Mais en dehors de ça, comme dans tout match il faut mettre du rythme dans le jeu et percer pour marquer. Donc effectivement il y a certaines stratégies à apprendre, mais l'esprit reste le même.

Et ce n'est pas trop dur de changer ses habitudes justement ?

Ah si, c'est difficile. Cela demande du travail mais c'est là que ça devient intéressant. Un rugbyman doit pouvoir s'adapter à toutes les situations. Se couper du championnat pour s'entraîner avec l'Equipe de France, puis revenir, quelques jours plus tard dans son club demande beaucoup de souplesse. Etre adaptable à tous types de jeu est vraiment une qualité en plus pour un joueur. Donc je travaille pour y arriver.

En parlant d'adaptation, tu connaissais déjà quelques joueurs avant d'arriver ?

En fait je n'en connaissais que deux : Mathieu Nicolas de Bourgoin et Dorian Seve de Grenoble… des gars de la région ! J'étais au lycée avec eux donc c'est marrant de les retrouver là, surtout dans ce contexte. Ça m'a permis de ne pas être trop désorienté car les autres je ne les connaissais pas du tout, mis à part quelques uns contre qui j'avais déjà joué. En revanche eux se connaissent tous très bien donc forcément l'intégration est plus délicate… Au début je me suis senti un peu seul, mais l'ambiance est vraiment bonne donc petit à petit ça va mieux. D'autant plus que l'atmosphère est plutôt détendue : on rigole pas mal, ça fait deux trois blagues à droite à gauche. On rit même avec les joueurs du XV de France que l'on croise de temps en temps. L'ambiance est agréable et finalement s'intégrer n'est pas si dur.

J'imagine que tu dois être sur un nuage…

Ah c'est clair ! Ça me fait rêver ; je suis vraiment dans un autre monde. Alors je vais faire le maximum pour rester dans l'aventure car dimanche soir les entraîneurs nous annonceront le groupe qui jouera le week-end suivant contre l'Irlande. Ce qui signifie une semaine supplémentaire à Marcoussis et un match de plus avec l'Equipe de France. C'est sûr que pour le moment je suis sur mon nuage mais je reste un pied sur terre pour mettre toutes les chances de mon côté pour continuer en Equipe de France.

Tu dois donc te partager entre les entraînements avec le LOU et les stages avec l'Equipe de France, ce n'est pas trop dur à gérer ?

Quand on est en stage à Marcoussis, forcément on prend un peu de retard par rapport aux entraînements du LOU. Mais ce sont des sacrifices qui valent le coup d'être faits. Il va falloir que je garde mon humilité et que je travaille deux fois plus pour rattraper mon retard.

Parlons un peu du match de dimanche, comment imagines-tu la rencontre ? Le jeu italien ?

Nous n'avons pas encore eu de sessions de vidéo donc je ne connais pas trop leur jeu mais je m'en fais une idée de part ce que j'ai vu de l'équipe sénior à la télévision. Je pense qu'ils vont être vraiment accrocheurs, ils vont vouloir ralentir toutes nos sorties de balle et ils vont beaucoup batailler donc ça ne sera pas évident. Honnêtement je pense que les vingt premières minutes vont être très rudes. Ce sera à double tranchant : soit on fait la différence dès le début et ça passe, soit on doute dès le début et comme ils ne lâcheront rien, ce sera dur pour nous de reprendre le dessus. Il va donc falloir rentrer dans le match dès le début de la rencontre.