TETE A TETE AVEC EPHRAÏM TAUKAFA

Par Amélie Buchon le 10 avril 2008
Avant d’arriver au LOU, la talonneur tongien Ephraïm Taukafa évoluait à Oyonnax. Il nous raconte son passage là bas...
TETE A TETE AVEC EPHRAÏM TAUKAFA

Peux-tu nous parler de l’année que tu as passée à Oyonnax ?

« Il faut savoir qu’Oyonnax est la première équipe pour laquelle j’ai joué en France. Ça a donc été ma première expérience française et depuis je suis tombé complètement amoureux de ce pays et de cette culture… c’est dire si ça m'a plu! En réalité quand je suis arrivé là-bas, j’ai découvert un petit patelin où tout le monde était sympa, accueillant, chaleureux. Le risque des petites villes de ce genre où tout le monde se connaît depuis toujours, c’est de ne pas se sentir chez soi. Or là bas, c’est tout le contraire… on t’accueille les bras ouverts et, à peine installé, tu fais déjà partie de la famille. Alors forcément j'ai adoré y vivre! »

Et d'un point de vue rugbystique ?

« Et bien là c’est pareil... il y a énormément de joueurs locaux qui sont nés ici, ont été formés ici et maintenant évoluent dans l’équipe pro et ça c’est une grande richesse. Ils sont tous fiers de leurs origines et défendent donc leurs couleurs corps et âme sur le terrain... notamment à domicile devant la famille et les amis. C’est un état d’esprit que j’aime, qui me ressemble. Au Tonga c’est pareil : on est une petite île perdue au milieu de l’océan, l’équipe nationale n’a pas de grandes stars, n’a pas de moyens financiers exorbitants et la fierté de défendre les couleurs du pays pousse parfois à faire des exploits. Oyonnax c’est le même schéma : pas de Pichot, pas de budget comme à Toulon... c’est la solidarité entre les joueurs qui leur permet de soulever des montagnes… comme gagner contre Toulon par exemple ! »

Aujourd’hui tu te retrouves de l’autre côté du terrain, quel effet ça te fait ?

« C’est toujours marrant de faire face à ses anciens co-équipiers, surtout que j’y ai encore de bons amis. Mais un match est un match, la compétition c’est la compétition et là il n’y a plus d’amitiés qui tiennent ! Je sais que c’est un peu rude de dire ça mais demandez à n’importe quel joueur qui joue contre son pote, il vous dira la même chose : lorsqu’on entre sur le terrain, on défend ses couleurs coûte que coûte, tout le reste passe après… et puis ça ne dure que 80 minutes ! On a toute la troisième mi-temps pour profiter de ses amis après ! »

Toi qui connais parfaitement les spécificités des deux équipes, comment vois-tu le match de ce week-end ?

« Le match sera de toute évidence un gros combat d’avants. Oyonnax est très solide dans ce secteur là et il va falloir leur mettre la pression d’entrée de jeu si on veut réussir à avoir l’ascendant sur eux le reste du temps. Cette équipe fonctionne beaucoup grâce à la confiance du groupe… c’est une vraie qualité mais ça leur fait parfois défaut. Il suffit qu’ils se retrouvent déstabilisés dans un domaine où ils ne s’y attendent pas pour perdre totalement confiance en eux. C’est en jouant sur ce point faible que l’on peut les prendre ! »