PORTRAIT D'UN LOU : ALEXANDRE PECLIER

Par Amélie Buchon le 4 octobre 2007
" Avant le rugby était concentré dans le sud-ouest maintenant l'avenir du rugby se trouve dans les grandes villes et Lyon est une grande ville ! "
PORTRAIT D'UN LOU : ALEXANDRE PECLIER

Né à Villefranche, le buteur Alexandre PECLIER a passé plus de douze ans chez les ciels et grenats avant de partir le temps d'une saison à l'AS Clermont Ferrand. De retour dans sa région natale, il porte aujourd'hui les couleurs rouge et noir du LOU aux côtés d'anciens co-équipiers berjaliens tels que Xavier FIARD et Alexandre CHAZALET.

Après un passage en revue de sa vie de rugbyman professionnel où il nous évoque ses clubs, ses rencontres, ses souvenirs et ses coups durs, l'ancien international se devait de nous donner son point de vue sur la rencontre choc qui opposera la France à la Nouvelle-Zélande !

Ta carrière a été fortement marquée par les douze ans que tu as passé à Bourgoin. Ensuite tu es parti à l'ASM rejoindre ce grand club de TOP 14 et aujourd'hui tu signes au LOU. Peux-tu nous raconter un peu plus en détail ton parcours rugbystique?

Effectivement, Bourgoin a représenté la quasi totalité de ma carrière jusqu'à présent. J'y suis resté douze ans alors forcément ça marque. En fait, j'ai commencé par Bourgoin parce que je suis de la région ; toute ma famille vit ici et je ne voulais pas trop m'éloigner étant jeune. L'occasion s'est présentée et j'ai intégré les équipes jeunes du CSBJ, puis quelques années plus tard j'ai fait mes premiers pas avec l'équipe pro.

J'ai vraiment connu un super groupe là-bas, et puis on a commencé à avoir des résultats alors pourquoi partir? J'ai vécu les hauts et les bas du club, mais le groupe, même s'il a évolué au fil des années, est toujours resté très soudé, avec un mental d'acier. D'ailleurs, une grande partie du groupe que j'ai connu dans les années 96 / 97 est resté dans la région.

Mon plus grand souvenir là bas reste indéniablement l'année des trois finales ; la saison 96-97 reste inoubliable pour nous tous. On arrive en finale du Championnat de France, en finale du Challenge Yves du Manoir et en finale du Bouclier Européen. Même si on passe à travers les trois titres, on a vécu des moments magiques… indescriptibles ! J'ai gardé de très proches amis de cette époque là ; forcément, partager des moments comme ça, ça soude des hommes!

Ensuite, tu pars jouer à l'ASM, pourquoi ce changement?

Au bout d'autant d'années, j'avais fait le tour du club et pour évoluer il faut bouger. Alors je suis parti à Clermont. L'opportunité se présentant, j'ai signé là-bas. Je voulais connaître autre chose et en plus ce n'était pas trop loin de chez moi !

Je suis arrivé là-bas et il y avait un gros effectif… ça n'a pas marché comme je voulais. Moralement c'était un peu dur car je n'ai pas énormément joué alors il a fallut rebondir. J'ai senti que la situation n'allait pas évoluer et que j'allais m'enferrer dans cette situation inconfortable. Donc je me suis remis en question. Le LOU m'avait contacté à l'époque de Christian Lanta, donc je savais qu'éventuellement j'avais une ouverture de ce côté là. Aujourd'hui Christian Lanta n'est plus là mais le projet et les joueurs restent inchangés et comme j'ai toujours été séduit par l'effectif et les objectifs du club, je suis revenu dans la région !

Et puis j'ai toujours cru en ce club… je sais qu'il y a un vrai potentiel ici. Avant le rugby était concentré dans le sud-ouest maintenant l'avenir du rugby se trouve dans les grandes villes et Lyon est une grande ville ! Forcément ensuite il y a des paramètres que nous, sur le terrain, on ne maîtrise pas. Le projet n'est pas concentré uniquement sur les joueurs… tout le reste doit suivre aussi !

Et maintenant que tu as intégré le groupe, que tu vis au sein de la famille LOU depuis quelques mois comment vois-tu la saison à venir?

Aujourd'hui il est difficile de pouvoir dire comment la saison va se dérouler mais ce dont je suis sûr c'est du potentiel du groupe. On a vraiment des bons joueurs et un groupe soudé, qui s'entend bien. C'est sûr qu'on n'a pas autant de noms qu'à Toulon ou qu'au Métro mais on a un effectif riche, qui sait profiter de ce long temps de préparation pour être prêt le jour J !

La semaine prochaine on part en stage dans le sud-ouest. Là-bas, on va aller disputer deux gros matchs de préparation contre Dax et Narbonne. Ça va nous permettre de nous jauger un peu plus.

En tant qu'ancien joueur du XV de France, on ne pouvait pas terminer cette interview sans te demander ton avis sur le quart de final que l'on s'apprête à disputer contre les Blacks !

Je pense qu'au niveau de l'organisation, ils se sont vraiment plantés… ils auraient quand même pu se douter que ce scénario était possible. Résultat on va disputer le match le plus important de la Coupe à Cardiff… c'est un comble ! Mais bon, passons.

Je sais pas non plus ce qui s'est passé dans le groupe. Il y eu des erreurs stratégiques, des erreurs de jeu et on termine 2ème de la poule alors que la première place était facilement atteignable. C'est dommage…

En tout cas je ne peux pas dire que je suis confiant pour samedi ; je ne jouerai pas tous mes chevaux sur les bleus, mais on ne sait jamais ! Je pense qu'en ce moment le groupe vit des nuits difficiles ; ça ne doit pas être de tout repos, mais ça aussi ça fait parti du rugby !

Il ne reste plus qu'à croiser les doigts !