TETE A TETE AVEC ALIKI FAKATE

Par Amélie Buchon le 24 janvier 2008
2ème ligne au Centre de Formation du LOU, Aliki Fakate, fort de son physique hors du commun, a disputé neufs matchs sur douze avec l'équipe pro depuis ce début de saison ! Il nous raconte son parcours atypique qui fait aujourd'hui toute sa particularité sur le terrain…
TETE A TETE AVEC ALIKI FAKATE

Né en Nouvelle Calédonie, Aliki arrive à Paris à 18 ans pour intégrer l'INSEP. Il profite alors des installations de l'établissement pour commencer l'athlétisme. "Ma mère a toujours refusé que je fasse du rugby pourtant c'était mon rêve. En fait, je suis le seul garçon de la famille… j'ai trois petites sœurs et en Nouvelle Calédonie, lorsqu'on est l'unique garçon, on est forcément le chouchou ! Mes parents avaient donc peur que je me fasse mal ! (rires) Avant de partir pour la France j'ai prévenu ma mère que j'allais intégrer un club de rugby. Elle a accepté à une condition : que j'essaie l'athlétisme avant. Elle a elle-même été championne d'athlé, et elle voulait que je suive sa voie. Alors pour lui faire plaisir j'ai commencé par l'athlétisme… et ça m'a plutôt bien réussi!"

En effet l'athlétisme lui réussi puisqu'il remporte à plusieurs reprises le titre de Champion de France en lancer de poids, de marteau et de disque. Mais alors qu'il se rend à Béziers pour assister à un match de rugby, il rencontre un entraîneur des équipes jeunes qui lui demande de passer quelques tests physiques… "Béziers est le premier club à s'être intéressé à moi. Ensuite, j'ai fait d'autres tests physiques au Stade Français, mais à l'époque j'étais concentré sur mes études. Plus tard c'est Alain Penaud qui m'a contacté, par l'intermédiaire de mon oncle Paki. Il m'a proposé d'intégrer le centre de formation du LOU. Toute ma famille vivant à Lyon, je n'ai pas hésité ! Voilà comment j'ai débuté dans le rugby!"

Aliki fait alors ses premiers pas au centre de formation du LOU. Pour la première fois il intègre une "vraie" équipe de rugby : "En Nouvelle Calédonie je jouais pour le plaisir, c'était un loisir, rien de plus. Il a donc fallu que j'apprenne tout du rugby : les systèmes de jeu, comment se placer sur le terrain, la lecture du jeu… Mais je viens de l'athlétisme et dans ce sport on cherche la perfection, le détail, on est très pointilleux, très exigent. Je suis certain que ça m'a permis de progresser très vite dans le rugby et d'apprendre en très peu de temps ! Et puis je suis travailleur, j'aime progresser, j'aime quand les résultats sont visibles c'est sans doute pour ça aussi que j'ai pu intégrer l'équipe pro un an seulement après mon arrivée au LOU."

Cette année Aliki a été quatre fois titulaires, il a joué tous les matchs à l'exception de Grenoble. On peut dire que son ascension est fulgurante, impressionnante même ! "Pendant les matchs de préparation j'ai senti que les entraîneurs commençaient à me faire confiance, ça m'a beaucoup motivé. Aujourd'hui je ne veux pas les décevoir et puis je veux jouer un maximum… c'est comme ça que je progresse. A l'heure actuelle, plusieurs clubs m'ont contacté, mais rugbystiquement parlant, je pense que c'est plus intelligent de rester au LOU pour le moment. Ici au moins je suis sûr de jouer, je sais que je suis bien entouré. Pour l'instant je ne suis pas du tout prêt à partir. Et puis j'ai encore beaucoup de progrès à faire, dans mes placements, notamment pendant les regroupements… je ne suis pas toujours sûr de moi et puis il faut aussi que je parvienne à obtenir une meilleure lecture du jeu. Bref, j'ai encore beaucoup de progrès à faire!".

Ce 2ème ligne aux dimensions impressionnantes (2m03 pour 108 kilos) est donc un monstre de puissance sur le terrain. Il l'explique par sa pratique de nombreux sports collectifs : "j'ai pratiqué plusieurs sports (basket, handball, volley) ça m'a beaucoup aidé ; c'est là que j'ai le plus travaillé ma vitesse, ma puissance, mon adresse et ma détente. Il n'y a donc rien d'exceptionnel à ma manière de jouer… je ne fais qu'appliquer ce que j'ai appris auparavant.".

Vous l'aurez compris, le parcours atypique de ce jeune calédonien fait de lui aujourd'hui un grand espoir du rugby français!

Aliki vu par…

… Mathieu LAZERGES

"Aliki est un potentiel physique hors du commun. Il est grand, fort, lourd et il court vite! A ça on peut ajouter son courage sur le terrain. En quelques mots… il a tous les ingrédients nécessaires pour devenir un grand joueur de rugby. C'est vraiment un phénomène !"

… Laurent PAKIHIVATAU

"Aliki c'est mon neveu. Je l'ai vu grandir en Nouvelle Calédonie où j'avais commencé à l'initier un peu au rugby. Ensuite il est venu en métropole pour les études et là, après avoir touché à différents sports collectifs il s'est lancé à fond dans l'athlétisme. De mon côté, j'ai monté une association qui forme les jeunes du pacifique qui vivent actuellement en métropole et je les aide à intégrer des équipes professionnels. Nous avons les mêmes types de physiques que les néo-zélandais, mais nous sommes français alors pourquoi ne pas en faire profiter aussi le rugby français! Dans ce cadre, j'ai parlé d'Aliki aux entraîneurs… il a fait un essai à Lyon et l'année dernière et il a intégré le Centre de Formation ; c'est une grande fierté !"