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#ASMLOU. Sadourny : « Le LOU, un club du haut du panier, qui a gagné le respect »

Le 10 novembre 2020
INTERVIEW. Ancien joueur, capitaine et entraîneur du LOU Rugby, Xavier Sadourny a passé sept saisons au sein du club Rouge et Noir, entre 2006 et 2013. Aujourd’hui, il est l’entraîneur adjoint de l’ASM Clermont Auvergne, actuellement 2ème de TOP 14 juste devant… le LOU. Les retrouvailles sont prévues ce dimanche à 21h05 au Stade Marcel Michelin. Entretien.
#ASMLOU. Sadourny : « Le LOU, un club du haut du panier, qui a gagné le respect »
Xavier Sadourny [photo ASM Clermont Auvergne]
Xavier, tu as quitté le LOU en 2013 pour rejoindre Clermont : raconte-nous ton évolution au sein de l’ASM ?
« Je suis arrivé à Clermont en 2013/2014 pour prendre la Direction du Centre de Formation du club et assister le staff pro sur la partie « skills ». Un rôle transverse entre les structures pro et amateur. Depuis cette année, j’ai basculé à temps plein avec le staff pro à la demande de Franck Azema. C’est vrai que j’avais l’avantage de bien connaître le staff en place mais aussi de nombreux jeunes que j’ai eu au Centre de Formation (ndlr : les internationaux Falgoux, Jedraziak, Iturria, Cancoriet, Yato, Penaud, Raka entre autres…) Dans le projet actuel du club, j’ai accepté. C’était pour moi le bon moment. »

Le projet du club justement : vu de l’extérieur, on parle beaucoup « d’année de transition » du côté de l’ASM ?
« Nous sommes plutôt en reconstruction. Certes, beaucoup de joueurs cadres sont partis, des leaders, comme par exemple Zirakashvili. Oui, il y a eu beaucoup de changements. Mais d’autres sont arrivés et c’est à cette nouvelle génération de prendre la place et à certains joueurs de reprendre naturellement le leadership. Si parler d’une année de transition signifie jouer le maintien, non ; et ce n’est pas possible dans un club comme Clermont. Nous souhaitons être compétitifs sur tous les tableaux, comme chaque année. »

Au niveau du jeu, on constate que les matchs de Clermont sont souvent très ouverts. Beaucoup de points sont inscrits… mais par l’adversaire aussi !
« Un nouveau projet signifie aussi la mise en place d’un jeu nouveau. La préparation et le début de saison, comme pour beaucoup de clubs, ont été tronqués à cause de la situation sanitaire. On sent aujourd’hui que les joueurs commencent à se l’approprier et prennent du plaisir.  C’est vrai qu’on a eu tendance parfois à « surjouer », à prendre beaucoup de risques offensivement et donc s’exposer, quand on aurait pu jouer de façon plus pragmatique, comme ce fut le cas en deuxième mi-temps à La Rochelle dimanche. On l’a accepté mais nous devons encore trouver ce juste milieu. C’est aussi ça, la reconstruction ! »

« A l’échauffement, on entend l’adversaire, ça sonne creux »


En raison de la situation sanitaire, le Stade Marcel Michelin a connu la jauge à 5 000 spectateurs… puis celle à 1 000 personnes. Il va découvrir ce dimanche face au LOU, le huis-clos. Du bord du terrain, comment le vit-on ?
« On l’a vécu à La Rochelle dimanche. Un match le soir, à huis-clos, c’est « mort ». Que ce soit au stade ou même avant à l’hôtel, il n’y a personne. A l’échauffement, on entend l’adversaire, ça sonne creux. Pendant le match aussi. C’est très bizarre. Nous avons tous l’habitude d’être encouragé dès la descente du bus. C’est très déstabilisant et malheureusement ce n’est pas pour ça que l’on fait du sport. » 

As-tu suivi le début de saison du LOU, sur le plan professionnel mais aussi personnel ?
« Attentif oui, forcément. J’ai passé beaucoup de temps là-bas, vécu des moments importants de ma carrière, je connais encore beaucoup de monde au sein des staffs sportif et médical avec qui j’ai joué ou collaboré. Et puis, c’est surtout une équipe qui joue bien et qu’on prend plaisir à suivre ! »

Il y a des joueurs au LOU que tu apprécies particulièrement ? Parmi les trois-quarts, c’est plus ton secteur !
« Beaucoup ! Un joueur comme Couilloud a une progression extraordinaire. Il ne s’en souvient surement pas mais je l’ai vu joué à l’époque, il devait être en Cadet (rires). Ngatai, Arnold, Barassi… Nakaitaci aussi que j’ai eu à Clermont. Ils ont l’une des meilleures lignes de trois-quarts du championnat. L’une des plus complètes. J’espère vraiment aussi que Pato Fernandez (ndlr : qu’il a aussi connu à Clermont) va finir par régler ses soucis de blessures et pouvoir enfin s’exprimer. ll a un énorme potentiel. »

« Couilloud […] Il ne s’en souvient surement pas mais je l’ai vu jouer à l’époque, il devait être en Cadet »


Au LOU, tu as joué puis entraîné Rémy Grosso. Thibaut Regard aussi non ?
« Thibaut, je l’ai même lancé en pro ! En PRO D2, en 2012/2013… enfin je crois (rires) ! »

[Après vérification, Thibaut Regard a débuté en pro lors de la saison 2011/2012, en Challenge Européen, sous les ordres de Raphaël Saint-André et Matthieu Lazerges]  

« Ah mince, ce n’est pas moi alors (rires) ! Par contre, la même saison, j’ai joué avec lui et je l’ai entraîné ! C’est pas mal ! »

Quel est ton regard sur l’évolution du club, toi qui as connu Vuillermet, la PRO D2, la montée, la redescente ?
« Je suis très content de leur évolution. J’ai quitté le club en 2013, nous étions en PRO D2. Depuis, il s’est structuré, a progressé, pour devenir un club du haut du panier, qui a gagné le respect. »
 
Cette saison nous fêterons les dix ans du titre de champion de PRO D2 de 2011 et donc la première accession de l’histoire du LOU Rugby en TOP 14. Quels souvenirs en gardes-tu ?
« C’était une saison exceptionnelle. Même la saison précédente finalement, où nous perdons en finale d’accession contre La Rochelle, à Brive. Mais la saison du titre fut l’aboutissement d’un projet. Malgré une fin de saison sportive difficile, il y a eu les délocalisations au Stade de Gerland (ndlr : contre Grenoble puis Oyonnax) avec des énormes affluences. J’étais capitaine en plus ! On était une belle bande de copains. »  

Merci Xavier !